L’assemblée constituante du nouveau mouvement aura lieu dimanche à Paris.

Jean-Louis Borloo ne cache pas ses ambitions pour l’Union des démocrates et indépendants (UDI), dont l’assemblée constituante est prévue ce dimanche à la Mutualité de Paris et où sont attendus quelque deux mille participants. Bientôt, «on sera prêt à gouverner», a assuré crânement, mercredi au Figaro, le président du groupe UDI à l’Assemblée nationale.

Gouverner avec qui, où et quand? Avec François Hollande, en cohabitation, après une dissolution suivie d’un échec de la gauche aux législatives anticipées et d’une victoire de l’opposition dont le centre serait «le premier parti»? «Dans dix-huit mois, on gouverne…», répète-t-il. Pour justifier cet incroyable optimisme, l’ancien ministre d’État se dit persuadé d’une chose: le précédent quinquennat aurait rebattu les cartes. «Aujourd’hui, glisse le député du Nord, il n’y a plus de doctrines à l’UMP. Par exemple, ils sont incapables de dire s’ils sont européens ou pas. Nous, nous avons une doctrine et une discipline. Nous sommes ouverts sur le monde, nous n’avons peur ni des Allemands ni des musulmans, en fait de personne, c’est pour ça que nous sommes européens.»

Par le passé, les détracteurs de Jean-Louis Borloo l’ont souvent décrit comme plus velléitaire que réellement ambitieux. À ceux-là, l’ancien maire de Valenciennes répond par le mépris. Et jure avoir toujours savamment séquencé ses ambitions. Pour le président de l’UDI, sorte de nouvelle UDF, 2014 devrait donc marquer le vrai top départ.

D’abord à l’occasion des municipales, où le nouveau parti centriste rêve de conquêtes. À commencer par les villes de Caen, Rouen, Angers, Amiens, Strasbourg ou encore Laval, «et un paquet d’autres»… Mais aussi à la faveur des élections européennes de juin 2014, où des listes autonomes sont à attendre. Autant d’occasions de prendre l’ascendant sur une UMP que Jean-Louis Borloo estime «menacée d’implosion, hélas», quel que soit le vainqueur du duel Copé-Fillon.

Premier parti de France

Même le système de désignation des candidats de l’UMP par les militants le fait rire: «Chez nous, ce sera le chef qui décidera. Moi je ne crée pas souvent de parti mais quand je le fais je m’y mets sérieusement. Je ne peux pas me priver de la marge de manœuvre que constitue la sélection des candidats.»

Longtemps accusé d’être à la tête d’un simple satellite de l’UMP, le président du Parti radical se plaît à rappeler aujourd’hui que ses troupes ont voté la scission en 2010 à 92 % d’avec l’ancien parti majoritaire et plébiscité cette année à près de 100 % la participation à l’UDI. Quant au MoDem de François Bayrou, dont il fut le directeur de campagne en 2002, «il n’existe juste plus», tacle-t-on dans son entourage. Certes, l’ambition de présider un grand mouvement, Jean-Louis Borloo l’avait déjà eu en 2007 lorsqu’il prit la présidence, seul, du Parti radical. Il entendait alors le transformer en premier part de France. Mais «à l’époque, je confondais dans ma tête Parti radical et UDF», reconnaît-il aujourd’hui.

Cette fois, la donne n’est plus la même. L’UDI, créée par lui le 18 septembre dernier, fédère sept formations politiques: le Parti radical, qu’il préside toujours ; le Nouveau Centre présidé par Hervé Morin ; l’Alliance centriste de Jean Arthuis ; la Gauche moderne créée par Jean-Marie Bockel ; Force européenne démocrate de Jean-Christophe Lagarde ; Territoires en mouvement de Jean-Christophe Fromantin, ainsi que le Centre national des indépendants et paysans présidé par Gilles Bourdouleix. Auxquels se greffent encore, à titre personnel, quelques élus du MoDem. En chiffres, l’UDI c’est donc déjà un groupe parlementaire à l’Assemblée de 30 députés et un second au Sénat de 31 élus officialisé ce dimanche à la Mutualité.

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